« Mieux informés sur le droit international humanitaire, les journalistes seront mieux préparés »

« Mieux informés sur le droit international humanitaire, les journalistes seront mieux préparés »

Entretien avec Dr. Sabrina Meddour, du département du droit international humanitaire auprès de l’organisation du Croissant Rouge qatarien sur le sujet de la sécurité des journalistes et le droit international humanitaire .
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Entretien avec Dr. Sabrina Meddour, coordinatrice au du département du droit international humanitaire  auprès de l’organisation du Croissant Rouge au Qatar sur le sujet de la sécurité des journalistes et droit international humanitaire .

Couvrir une guerre ou un conflit armé devient de plus en plus dangereux pour les journalistes.

Le risque imprévisible des attentats qui s’ajoute aux dangers de la guerre, des armements toujours plus perfectionnés face auxquels même la formation et la protection des journalistes sont inefficaces, des belligérants qui se soucient plus de remporter la guerre des images que de respecter la sécurité du personnel médiatique : autant de facteurs qui augmentent les risques des journalistes en zones de conflits.

Qu’on pense Mme.Sabrina Meddour, coordinatrice au département du droit international auprès du croissant rouge du Qatar?

Dans un entretien accordé au Centre de Doha pour la Liberté des Médias, en marge de la célébration du Centre de Doha pour la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis conte les journalistes, Mme.Sabrina Meddour explique que objectif de l’organisation du croissant de rouge qatari consiste à prévenir et d’alléger les souffrances humaines en toute impartialité, sans aucune distinction de race ou de religion. 

Mme.Sabrina rappelle que ladite organisation procède à des ateliers de formations auprès des volontaires, des journalistes et autres membres de la société qatarienne pour savoir comment se comporter en cas de risques.

A ce titre, elle précise que les journalistes et les professionnels des médias en général sont au cœur de la préoccupation de l’organisation du Croissant Rouge.

«Certains sont reporters sur le terrain, d’autres transmettent des infos au public il est indispensable qu’ils reçoivent des connaissances spécifiques en matière de Droit international humanitaire ».

La coordinatrice du département du droit international humanitaire, estime que : « Mieux informés sur les dispositions du droit international humanitaire, les journalistes seront mieux préparés à relater les guerres et les conflits armés dans une meilleure compréhension des règles s’y afférant. Ils pourront ainsi, à leur tour les transmettre à un public plus large, de comprendre les faits et de se faire une opinion plus avertie ».

Concernant le rôle du Croissant Rouge dans la sensibilisation et l’initiation des professionnels des médias en matière sécuritaire et autres ; Mme Sabrina explique que les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui ont les compétences requises en matière de formation aux premiers secours pourraient organiser des cours spécifiques destinés aux journalistes dans leurs pays afin que les journalistes soient mieux préparés, sensibilisés aux risques et aient la capacité de faire face à une urgence sanitaire. Cela peut être utile pour les journalistes qui couvrent les catastrophes naturelles, les conflits armés et d'autres types de violence ».

 « Le Croissant Rouge du Qatar joue un rôle prépondérant dans la promotion des principes législatives et humanitaires et peut contribuer à sensibiliser à la protection juridique conférée aux journalistes », a-t-elle fait valoir

  Quant au rôle que pourrait jouer le Centre de Doha pour la Liberté des Médias en coopération avec le Croissant Rouge, Mme. Meddour déclare que les deux entités sont appelées à collaborer étroitement en vue d’améliorer la sécurité et la protection du personnel des médias dans les conflits armés essentiellement dans la sensibilisation des journalistes sur les dispositions législatives en la matière.

Elle ajoute: «  le bien-fondé des lois qui protègent les journalistes contre les attaques doit être reconnu et leur respect contrôlé » .

Et poursuit :« nous pensons que tous les acteurs des conflits armés devraient être informés de ces règles et obligations qui en découlent pour les journalistes, en particulier . Les journalistes devraient être prêts à affronter les risques inhérents aux conflits armés et autres situations de violence, par la formation et d'autres formes de conseils et de soutien. Ils doivent recevoir le soutien de leurs employeurs. Cela doit s'appliquer aussi bien aux journalistes recrutés qu'aux journalistes indépendants.

L’affirmation du caractère illicite des attaques menées contre les journalistes et les médias découle de la protection accordée par le droit international humanitaire aux personnes civiles, aux biens civils, et du fait que les médias, même de propagande, ne peuvent être considérés comme des objectifs militaires, sauf cas exceptionnels.

Autrement dit, s’il n’existe pas de statut spécifique pour les journalistes et les équipements qu’ils utilisent, ceux-ci bénéficient de la protection générale dont jouissent les personnes et les biens civils, à moins qu’ils n’apportent une contribution effective à l’action militaire.

Selon Mme Sabrina Meddour , les journalistes sont souvent les premiers à décrire la réalité et les crimes de guerre.

Ils sont aussi des témoins cruciaux des souffrances et des besoins des personnes vulnérables en temps de conflit ou de catastrophe naturelle.

«Il s’agit d’arriver à mieux circonscrire la situation dans laquelle se trouve le journaliste et qui lui permette en toute connaissance de cause de décider de son action » a-t-elle ajouté. 

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