Par Mohammed Al Hafed Al Ghabed
l'Agence Mauritanienne d'Information a mis fin aux services du journaliste Mamouni Ould Mokhtar,qui était chargé par l'agence de la couverture médiatique liée aux activités de l'Assemblée Nationale.
Mamouni Ould Mokhtar, journaliste à l’agence depuis trente-six ans, a été licencié après avoir collaboré avec une agence d’information concurrente.
Le directeur de l’agence a justifié cette décision par le fait que Ould Mokhtar n’a pas honoré les normes du travail dans une agence de presse officielle en ajoutant qu' il a violé le règlement relatif aux activités concurrentielles.
Cependant, le journaliste conteste cette sanction, et précise que durant des décennies, il a fait preuve de sérieux et d’une indéniable rigueur.
En contrepartie, l’administration l’a traité de façon arbitraire en lui causant une grande injustice, lui, qui a constamment travaillé sans relâche.
Il ajoute : « tout ce qui a été publié dans les médias privés représente essentiellement mes opinions personnelles, c’est mon droit le plus naturel celui de m’exprimer librement ».
Mamouni Ould Mokhtar a intenté un recours judiciaire devant le tribunal du travail qui a convoqué l’agence de presse..« actuellement, ils tentent de résoudre le litige à l’amiable. Seulement moi, j’insiste à ce que la justice dise son dernier mot et je tiens à ce que mon licenciement soit une affaire commune, en vue de protéger les journalistes dans l’avenir».
Un long parcours
Ould Mokhtar a entamé sa carrière en tant que stagiaire journaliste à la radio Mauritanienne en 1975.
Doté d’une grande qualité rédactionnelle, il a pu accéder par la suite à la presse écrite.
Exerçant le métier pendant trente six ans entre la radio et l'Agence Mauritanienne d'Information, Ould Mokhtar a pu acquérir une expérience considérable en journalisme. Il était réputé par sa résolution et sa persévérance dans des institutions médiatique où un certains nombre de journalistes incompétents y ont accédé grâce au favoritisme.
"Membre permanent non élu"
Durant ces dernières années, Ould Mokhtar S’était focalisé sur la couverture des événements politiques dans le pays et spécialement le suivi des débats entre membres loyalistes et opposants au sein du parlement.
« Membre permanent non élu », telle a été son appellation par certains journalistes suite à sa présence quasi régulière lors des séances parlementaires.
Manquer un événement !
Ahmed Ould Aslam, journaliste et collègue de Ould Mokhtar, nous raconte que lors de l'attentat contre l'ambassade d'Israel à Nouakchoutt en 2008, Ould Mokhtar s’était endormi après une dure journée de travail, il avait raté l'incident. Le lendemain, il a été surpris par les événements retransmit et diffusés par les différentes agences de presse et chaines satellitaires.
Ould Mokhtar a eu un grand sentiment de frustration du fait qu’il a manqué cette dépêche, lui, qui a toujours été au cœur des événements.
Sanction formelle et hommage populaire
L’histoire d’Ould Mokhtar reflète la situation déplorable de la presse en Mauritanie en dépit de tous les slogans scandés en faveur de la liberté de la presse.
Le licenciement abusif d’un journaliste après presque une quarantaine d'années de travail persévérant est inacceptable.
Face à cette dure épreuve, Ould Mokhtar trouve refuge dans le soutien et l’appui exprimé par les partis politiques, les organisations des droits de l’homme, ainsi que les syndicats des journalistes.




