Dans l'enfer des services de renseignement syriens

Dans l'enfer des services de renseignement syriens

Kamal Yashar, journaliste syrien rattaché à Smart TV cache derrière lui une histoire pleine d’amertume et de souffrances. Après avoir été détenu par les forces des services de renseignement syriens, il a décidé de fuir son pays et trouver refuge en Turquie.
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Yashar Kamal

Kamal Yashar, journaliste syrien rattaché à SMART TV cache derrière lui une histoire pleine d’amertume et de souffrances. Après avoir été détenu par les forces des services des renseignements syriens, il a décidé de fuir son pays et trouver refuge en Turquie.

Dans un entretien avec le Centre de Doha pour la Liberté des Médias à Gaziantep, le jeune journaliste nous raconte son séjour dans les géoles syriennes.

La descente aux enfers

" Tout a commencé le 1er Août 2011, un ami m’a appelé, il voulait discuter avec un moi sur un sujet important et nous avons convenu de nous retrouver dans un parc à Damas.

Une fois arrivé sur les lieux, une trentaine d’élément de sécurité m’ont encerclé et ont commencé à me tabasser. J’ai reçu un coup de kalachnikov sur ma tête, j’ai perdu aussitôt conscience. Je me suis réveillé deux heures plus tard gisant sur le sol, les yeux bandés dans un centre de torture des services des renseignements ", explique Kamal.

Il précise qu’il a tout fait pour résister à la torture: " j'ai essayé de tenir face à mon bourreau, qui a été surpris par mon endurance et ma détermination en affirmant qu'il " n'était pas le seul, de nombreux détenus syriens croupissaient dans les prisons avec la même résistance et la même ténacité ".

45 jours de détention

Pendant 45 jours, Yashar Kamal a enduré les pires tortures, Il fut enfermé dans une cellule où ses tortionnaires lui ont infligé des insultes et des obscénités accompagnées de coups de poing et de pied.

" Un élément des services secret m'a demandé si j’avais participé aux manifestations, il s’est mis à me frapper sur ​​mes pieds par un fil électrique ", a-t-il déclaré.

Kamal précise que gardes et officiers ont utilisé un large éventail de méthodes de torture, notamment le passage à tabac pendant de longues heures, souvent pratiqué avec des objets tels que matraques et câbles.

Il poursuit : " ensuite ils m’ont obligé à me déshabiller avant de me transférer dans une autre pièce, une cellule qui ressemblait plus à un cercueil avec une petite fenêtre pour l’aération.

Durant la torture, j’ai perdu plusieurs fois conscience, j’ai même failli perdre la vie. La privation d’alimentation a été l’autre forme de torture, je recevais un quart de pain et un œuf par jour pour survivre. Je perdais connaissance du fait de la faim et de l’épuisement ".

Kamal ajoute : " une semaine après, j’ai été placé dans une cellule plus grande, où j’y suis resté pendant sept jours étendu par terre sur mon ventre. J’ai été lapidé à plusieurs reprises, je voyais ainsi la mort devant moi ".

Le journaliste s’était promis de ne mentionner personne dans l’enquête. " j’ai refusé de dénoncer mes amis, j’ai décidé de supporter tout seul les souffrances".

Il précise: " les interrogatoires des services des renseignements syriens sont tenus juste pour la forme, souvent les reproches et les accusations qu’on vous fait sont fausses et totalement inventées. C’était le cas pour moi, les officiers ont rédigé ce qu'ils voulaient dans leur rapport, et m’ont forcé à le signer ».

Kamal estime qu’aujourd’hui en Syrie, il existe un grand nombre d'intellectuels et de journalistes avides de liberté, qui doivent résister avec courage, une richesse nationale apte à construire une nouvelle Syrie marquée par l'honneur et la dignité ".

A la fin de l’entretien, Kamal a tenu à rendre hommage aux familles des blessés, des détenus et aux réfugiés ainsi qu’à toutes les personnes qui soutiennent la révolution syrienne et à tous ceux qui sont convaincus que cette cause se doit d’être soutenue.

 

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