DCMF: Entretien avec la Vice présidente du conseil de l’égalité des genres auprès de la FIJ

DCMF: Entretien avec la Vice présidente du conseil de l’égalité des genres auprès de la FIJ

De passage à Doha, Mounia Balafia, vice-présidente du conseil de l’égalité des genres auprès de la Fédération Internationale des Journalistes a accordé un entretien exclusif au DCMF.
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De passage à Doha, à l’occasion de sa participation à la conférence internationale portant sur la liberté d’expression et la confrontation des risques, organisée par le conseil national de droits de l’homme du Qatar , Mounia Belafia ,vice-présidente du conseil de l’égalité des genres auprès de la Fédération Internationale des Journalistes a accordé un entretien exclusif au Centre de Doha pour la Liberté des Médias, durant lequel elle nous a livré quelques réflexions sur l’éthique journalistique.

A ce sujet, Mounia Belafia a expliqué brièvement que « le droit à l’information est un droit humain fondamental,  et que toute personne a droit à une information de qualité, complète, libre, indépendante et variée pour pouvoir prendre des décisions éclairées ».

Belafia affirme que le travail du journaliste consiste par ailleurs à rechercher, vérifier, commenter et publier cette information de qualité.

Toutefois, la vice-présidente du conseil de l’égalité des genres auprès de la Fédération Internationale des Journalistes atteste que « depuis quelques années la Toile offre à l’information d’immenses possibilités de développement, mais elle bouleverse également les repères traditionnels de la recherche de vérité en matière d’information, de la vie privée et du respect de la personne ».

 

Lors de notre entretien, Mme. Belafia a évoqué la nécessité de respecter les normes éthique face à cette nouvelle ère numérique.

Elle a rappelé que les plateformes numériques ouvrent de formidables perspectives pour les journalistes, mais renferment des risques qui exigent d'eux d'élever leur niveau de vigilance.

 « Cela nous impose de reposer la question de l'éthique professionnelle », a-t-elle énoncé.

A cet effet, Belafia considère que la profonde mutation du paysage médiatique, ainsi que les espoirs portés par les nouvelles technologies n’ont pas amélioré les conditions du travail des journalistes.

Elle estime que bien au contraire, la crédibilité du journalisme ne cesse d’être mise en cause.

Elle ajoute que dans ce contexte, les mécanismes d’autorégulation des médias, qui sont des moyens mis en place par la profession journalistique afin de contrôler le respect de la déontologie, sont de plus en plus promus comme des remèdes à cette situation de crise de crédibilité et qualité des médias.

Belafia souligne qu’aujourd’hui, à l’heure de l’internet et des réseaux sociaux, à l’heure où tout un chacun peut créer, fournir, transmettre des informations, la question d’une responsabilité sociale et éthique des médias revient en force au cœur des discussions.

« Le journalisme traditionnel, reposant sur les valeurs d’impartialité, de vérification des faits et de pluralisme des idées, entre de plus en plus souvent en conflit avec la culture du journalisme en ligne, basé sur l’instantanéité,   la transparence », a-t-elle mentionné.

 En indiquant qu'à mesure que la crédibilité du journalisme s’affaiblisse et que le journalisme renvoie l’image de ne plus parvenir à remplir son rôle de chien de garde, le système d’autorégulation se présente comme un remède. 

A la fin de l'entretien, Belafia ajoute que des médias de qualité sont indispensables à toute démocratie et que le respect et la conformité aux normes d’éthique s’imposent de plus en plus, en soulignant que la liberté de la presse n’est pas synonyme du désordre. 

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