De la lutte pour la liberté à la persécution

De la lutte pour la liberté à la persécution

John Penn de Ngong, journaliste sud soudanais, cache derrière lui une histoire pleine d’amertume après avoir subi une série d'événements qui l'ont forcé à fuir son pays et partir s’installer au Kenya dans des circonstances difficiles.
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John Penn de Ngong, journaliste et écrivain sud soudanais, cache derrière lui une histoire pleine d’amertume après avoir subi une série d'événements qui  l'ont forcé à fuir son pays et partir s’installer au Kenya dans des circonstances difficiles.

Dans un entretien à Nairobi avec Peter Towson du Centre de Doha pour la liberté des médias, le journaliste raconte son histoire sa grande déception, après avoir vu l'état dans lequel rêvé et pour lequel il a lutté se transformer à son tour à une autorité répressive.

 Âgé de 38 ans, John connait bien la région, il a fait le tour du pays de l'est et à l'ouest et a collaboré avec un certain nombre d’organisations médiatiques.

 John a combattu depuis son jeune âge pour l'indépendance de son pays, pour  la liberté, la protection des droits de l'homme et la lutte contre l'injustice, avant de finir en exil.

Il a également dirigé « l’association des  écrivains» unissant des enseignants et des artistes du Sud-Soudan, très active dans la défense des droits des travailleurs autonomes.Cependant, les harcèlements menés par le gouvernement contre les journalistes, l’ont poussé à fuir le pays.

John Penn de Ngong  a dit: « durant une semaine J'ai perdu deux de mes collègues, un a été tué, tandis que le second a été enlevé. Nous sommes sans nouvelles de lui.

 On m’a accusé de diriger une  organisation subversive qui  menace  la paix et la stabilité au Soudan du Sud."

Pendant  son évasion à  Juba, sa chambre d’hôtel a été pillée , des CD de capacité de 500 Giga-bits contenant une énorme quantité d'informations ont été volé .

Les auteurs de ce pillage  lui ont laissé un message d'avertissement sous son oreiller lui demandant  de cesser ses activités.

John est convaincu  que les forces de sécurité et de renseignement du gouvernement étaient derrière l'incident.

 C’est  à partir de ce moment là, qu’il a commencé à paniquer et à craindre pour sa vie et il a décidé de quitter le Soudan du Sud, et a choisi le Kenya comme terre d’exil, où il est arrivé à Nairobi le 31 Janvier 2013.

 

L’exil n’a pas été un choix

John a parlé du début de son parcours professionnel, en disant: «j'ai choisi d’intégrer le domaine de la presse, car j'ai toujours rêvé d'être un écrivain et auteur, éditeur, j’estimais que la seule façon de devenir un bon écrivain est d'être un journaliste, j'ai donc rejoint le journal miroir du Soudan ici Nairobi ».

 

Le travail de John dans le journalisme et ses différents déplacements entre Kampal, Juba et Nairobi  lui ont causé beaucoup de mal  en raison d'une série d'agressions et même dans certains cas des enlèvements.

Le journaliste a mis en place un certain nombre de  journaux et de magazines, mais  qui  n’ont pas duré longtemps en raison des difficultés financières.

John affirme avoir reçu  une série de lettres de menaces, y compris une mise en garde à quitter le pays.

Il a ajouté: «Ils m'ont dit que si je quittais le pays, ils allaient me retrouver facilement ! J’ai décidé alors de quitter le  pays ».

Le grand dilemme

John ne semble pas rassuré il ne sait pas comment peut- il assurer sa sécurité.  Quitter son pays serait elle la bonne solution ?  lui qui estime que son pays avait tant besoin de lui.

Sur ce point, il a dit: «j’ai laissé derrière moi de grands projets au sud soudan j’ai tout quitté et je suis venu ici ».

 Il a ajouté: «de nombreuses personnes comptent sur moi  pour défende leur cause, je me retrouve devant un dilemme, dois-je poursuivre la campagne d'ici, depuis mon lieu d’exil, ou dois-je tout arrêter.

Il a poursuivi: « fermer les quinze blogs que je gère en ligne serait considéré comme une véritable trahison ».

Former une opinion publique libre

John a poursuivi: «la liberté des médias est d’une grande importance, elle contribue au développement et à l'évolution. Le Soudan du Sud est un état nouvellement créé, qui aspire à une liberté d'information et d'expression.

Il a ajouté: « sans la création de médias libres et ouverts à tous, nous ne serons pas informés sur les activités du gouvernement et nous ne serons pas en mesure d'évaluer leurs performances, et nous ne participerons pas en conséquence au processus de développement ».

John a soulevé l’existence de certaines idées fausses et négatives qui continuent encore d’affecter les prouesses des médias au Sud-Soudan.

 Il a dit: «Nous avons besoin d'un changement radical dans les concepts de communauté, et cela ne viendra qu’à travers les médias, ces derniers jouent un grand rôle dans la formation d ‘une opinion publique libre ».

 

Une grosse déception

En dépit de son engagement clair à défendre la liberté de la presse et des médias, John ne cache pas sa déception et sa frustration, vis-à-vis la situation au Sud-Soudan après l'indépendance.

 

Il a précisé : «C'est vraiment décevant de voir le même gouvernement qui luttait avec moi pour la liberté et l ‘indépendance  contre le régime de Béchir et le gouvernement du Khartoum inversé maintenant confisquer les journaux et restreindre la liberté des médias ».

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