Gambie: protestation après l’agression d’un journaliste

Gambie: protestation après l’agression d’un journaliste

Le Syndicat de la presse gambienne a protesté mardi contre l'agression récente d'un journaliste par des militants de la coalition soutenant le président Adama Barrow à Banjul.
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Les journaux en Gambie

Le Syndicat de la presse gambienne (GPU) a protesté mardi contre l'agression récente d'un journaliste par des militants de la coalition soutenant le président Adama Barrow à Banjul et réclamé des poursuites contre ses auteurs.

Kebba Jeffang, du journal privé Foroyaa, a été pris à partie dimanche lors d'une conférence de presse à laquelle participaient les ministres des Affaires étrangères Ousainou Darboe, de l'Intérieur Mai Fatty et du Tourisme Hamat Bah, appartenant à trois partis de la coalition présidentielle, selon des témoignages et le récit du journaliste.
 

Selon ces sources, M. Keffang aurait été agressé pour avoir posé une question, qui a déplu aux militants de ces partis, sur un éventuel éclatement de la coalition du président Barrow à l'approche des élections législatives. Le journaliste a ensuite été frappé puis sorti de la salle par un groupe de militants, selon son récit.

"L'attaque contre le journaliste Kebba Jeffang du journal Foroyaa est une attaque contre la liberté d'expression, en particulier la liberté des médias", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de GPU, Saikou Jammeh, dénonçant un "acte barbare et illégal" n'ayant "pas sa place dans une société démocratique".

Dans un communiqué diffusé mardi après-midi, "le Syndicat de la presse gambienne condamne fermement" l'agression du journaliste "et demande que le gouvernement du président Adama Barrow traduise ses auteurs en justice".

"Nous demandons en particulier au ministre de l'Intérieur, qui était présent sur les lieux, d'aider les policiers" en charge du dossier à identifier les agresseurs de M. Jeffang, ajoute le GPU.

"Justice doit être rendue dans ce dossier. Nous demandons aux partis concernés de s'exprimer, de condamner publiquement l'attaque et de présenter des excuses" au journaliste, poursuit-il.

Il exhorte par ailleurs les formations politiques à faire en sorte que leurs conférences de presse soient réservées exclusivement aux journalistes, et ne soient plus ouvertes aux militants comme c'est actuellement le cas.

Depuis dimanche, plusieurs journalistes et blogueurs ont dénoncé l'agression du reporter de Foroyaa. Beaucoup ont invité le président Barrow, élu à la présidentielle du 1er décembre 2016 face à Yahya Jammeh, à éviter les travers de son prédécesseur.

M. Jammeh a dirigé pendant plus de 22 ans la Gambie, qu'il a quittée le 21 janvier pour s'exiler en Guinée équatoriale après une crise à rebondissement de six semaines.

Le régime de M. Jammeh a été critiqué par des ONG et diplomates pour ses atteintes répétées aux droits de l'Homme. Les journalistes étaient régulièrement harcelés et poursuivis pour sédition, diffamation ou diffusion de fausses nouvelles, des motifs qualifiés de "fourre-tout" par Amnesty international.

Plusieurs journalistes ont également été emprisonnés, contraints à l'exil ou ont disparu durant sa présidence, selon divers témoignages concordants.

 

AFP

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