Mutation ou suspension de journalistes

Mutation ou suspension de journalistes

Des responsables de journaux chinois ont été démis de leurs fonctions dans cette période sensible qui précède le congrès du Parti communiste.
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Un homme agite un drapeau national chinois lors d'une manifestation dénonçant la politique de vote par le gouvernement de Hong Kong le1 Avril 2012

Des responsables éditoriaux de journaux chinois connus pour une certaine liberté de ton ont été démis de leurs fonctions dans cette période sensible qui précède le congrès du Parti communiste, ont annoncé jeudi des organisations de défense de la presse.

Lu Fumin, rédacteur en chef du quotidien New Express Daily à Canton (sud), a été muté sur ordre du gouvernement central, a annoncé Reporters sans Frontières (RSF).

Par ailleurs, selon RSF, deux journalistes de l'Oriental Morning Post (Dongfang Zaobao) à Shanghaï (est), l'éditeur Lu Yan et le rédacteur en chef adjoint Sun Jian, ont été respectivement muté et suspendu à la demande de responsables de la branche shanghaienne du Parti communiste.

"Avant la tenue de son prochain Congrès (à l'automne), le PCC renforce chaque jour son contrôle de l'information", a déploré RSF. "La censure préalable des médias publics ne suffisant pas à endiguer la publication d'articles 'gênants' pour le Parti, celui-ci orchestre un habile jeu de chaises musicales pour éloigner de la direction éditoriale les journalistes trop critiques et trop indépendants".

La Fédération internationale des journalistes (IFJ) s'est dite de son côté "profondément préoccupée" par ces mutations, regrettant que "les changements dans la direction" du Parti communiste qui se préparent "donnent un coup de froid à la liberté de la presse dans le pays".

David Bandurski, directeur du China Media Project à l'Université de Hong Kong, a expliqué à l'AFP qu'il s'agissait "d'une période particulièrement sensible".

 

"D'un côté vous allez voir les médias essayer de pousser plus loin les limites (...) de l'autre dans un contexte pareil où la situation se tend, vous pouvez mécontenter la mauvaise personne".

Si tous les médias chinois sont sous la tutelle de compagnies étatiques, certaines publications sont plus audacieuses que d'autres et testent les limites de la censure.

L'Oriental Morning Post est considéré comme un journal qui avait repoussé les limites, notamment dans sa couverture du séisme du Sichuan en 2008 ou de la collision meurtrière de deux TGV l'an dernier dans l'est de la Chine.

L'IFJ a d'ailleurs fait état de directives officielles empêchant des rédactions de couvrir le premier anniversaire de l'accident qui avait fait 40 morts le 23 juillet 2011 à Wenzhou.

AFP

 

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