Le vendredi 16 décembre 2011, des affrontements ont éclaté aux abords du conseil des ministres au Caire entre manifestants hostiles au pouvoir militaire et soldats.
Ces violences avaient commencé lorsque l’un des manifestants arrêté a été frappé et torturé par les soldats présents dans le Parlement.
Mohamed Zaki, photographe indépendant, était présent sur les lieux, il couvrait les protestations des citoyens contre la nomination de Kamal Ganzouri à la tête du conseil.
L’accusation: photographe
Dés que j’ai eu connaissances des manifestations, j’ai aussitôt pris ma caméra et je suis parti pour couvrir l’événement.
A mon arrivée, la situation était très tendue. Alors que je filmais les manifestants, les forces de sécurité ont commencé à tirer des balles en caoutchouc et à lancer des gaz lacrymogènes sur les contestataires.
Tous ceux qui m’entouraient se sont dispersés et tout à coup je me suis retrouvé entre les mains des agents du ministère de l’intérieur.
Je leur ai bien expliqué que j’étais un journaliste photographe, je leur ai également présenté ma carte de presse et l’accréditation obtenue auprès des autorités concernées, ce qui s ‘est malheureusement retourné contre moi, car les agents de sécurité se sont mis à me taper dessus, à me donner des coups de matraque.
Ils me battaient à coup de pied et je ne pouvais plus distinguer les multiples injuries et insultes. Ensuite, les agents ont prit ma caméra et ont jeté sur mon visage une substance contenant du poivre. Je ressentais une grande irritation et des picotements dans mes yeux et je ne voyais plus rien de ce qui se passait autour de moi.
A ce moment là, j’ai pensé que j’étais atteint d'une céssité permanente, je n’avais pas d’autres alternatives, je me suis rendu.
Roué de coups, je ressentais une terrible douleur, des percussions qui venaient de partout, sur tout mon corps.
De peur de tomber par terre et d’être piétiné par les agents, je m’efforçais à tenir debout.
Dix minutes après, un agent a tiré sur moi, cinq balles ont percé mon dos et trois ont impacté ma tête.
La torture au sein du ministère de l’intérieur
On m’a embarqué, j’ignorais qui ils étaient, car j’avais perdu la vue, il s’est avéré par la suite qu’ils m’avaient conduit dans une véhicule de l’armée qui nous a déposé au ministère de l’intérieur.
On m’a transféré d’un bureau à l’autre au milieu d’un déluge de coups et d’insultes.
Sachant que je n’étais pas en mesure de le voir, l’inspecteur de police m’a autorisé de me laver les yeux et ce n’est qu’après une heure et demie de mon arrivée que j’ai pu reprendre progressivement la vue.
J’ai passé huit heures au ministère de l’intérieur et je n’exagère pas si j’affirme que les coups et les mauvais traitements ont duré sans cesse pendant six heures.
Je suis persuadé que leur cruauté est due au fait que je suis journaliste.
Finalement, j’ai été transféré au poste de police d’Abdîn prés du ministère de l’intérieur durant ces huit heures où ils m’ont obligé à signer un procès verbal sous une variété de menaces et de pressions psychologiques.
Après ma signature forcée, ils m’ont promis de rendre la caméra qu’il m’avait confisqué et m’ont précisé qu’elle se trouvait au ministère de l’intérieure et qu’il fallait retourner là bas pour la récupérer.
Je me suis retourné au ministère de l’intérieur, un groupe d’agents m’a entouré, je leur ai expliqué que j’étais revenu pour récupérer ma caméra, ils ont commencé à fouiller dans mes poches.
Ils ont tout pris, tout ce que j’avais sur moi, mon argent, mon portable et même le masque de protection contre les bombes l'acrymogène!
Après cette inspection, j’ai quitté le ministère, j’ai été libéré après l'intérvention de certaines organisations médiatiques .
Seulement, la décision de la remise en liberté a exclut la caméra qui demeure toujours en détention au ministère de l’intérieur.




