Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) a adressé mardi une "mise en garde" à la chaîne de télévision française TF1 pour avoir diffusé dimanche des enregistrements audio de Mohamed Merah et des policiers qui l'assiégeaient, qui ont provoqué une polémique.
TF1 avait été vivement critiquée, en particulier par des proches des victimes de Mohamed Merah, Franco-Algérien de 23 ans, qui a assassiné entre le 11 et le 19 mars dans le sud-ouest de la France trois militaires, ainsi que quatre personnes de confession juive, dont trois enfants.
La chaîne avait mis en avant son devoir d'informer et s'était défendue de tout sensationnalisme.
"Cette décision est un signal", a expliqué le président du CSA, Michel Boyon, au cours d'un point de presse. "C'est un appel à la responsabilité pour tous les opérateurs", a-t-il ajouté.
Chargé de la régulation du secteur audiovisuel, le Conseil relève les manquements déontologiques des chaînes. La "mise en garde", qui est en-deçà de la "mise en demeure", a valeur de simple avertissement.
En cas de récidive, le gendarme de l'audiovisuel peut décider, dans des cas extrêmement rares, de sanctions, comme la suppression d'une tranche de publicité, la lecture d'un communiqué d'excuses lors d'un journal télévisé ou une amende pouvant aller jusqu'à 3% du chiffre d'affaires.
Le CSA s'est appuyé sur l'article 15 de la convention qui le lie avec TF1 sur les précautions nécessaires en matière d'information, a expliqué Rachid Arhab, président du groupe de travail du CSA sur la déontologie. Il a également évoqué la "prudence nécessaire" dans le traitement des affaires en cours d'instruction.
Dans ces enregistrements, Mohamed Merah affirme être prêt à poursuivre sa folie meurtrière, assure être en liens avec Al-Qaïda et le grand banditisme, parle de ses voyages en Afghanistan et au Pakistan et explique comment il a trompé la vigilance des services de renseignements qui le surveillaient.
Source AFP




